La bourgeoise et le coronavirus

Jour 2 – 20 mars 2020

Cas confirmés: UK 3269 (+24 % depuis J1) – Kensington and Chelsea : 57 (+3,6 % )
Morts : 144 (+38 %)

Je n’avais pas posté mon premier article depuis une heure qu’une de mes filles me transmettait un papier de Félix Lemaître (Brain magazine). Intitulé « Lettre aux écrivains bourgeois qui nous refourguent leur journal du confinement » c’est une critique adressée à Leïla Slimani qui va régulièrement faire paraître son journal dans le Monde. L’auteur lui demande d’arrêter de parler d’elle-même, bourgeoise privilégiée, de ne pas « pondre un essai sur la post-modernité » mais d’écrire pour parler des autres et transcender la terreur.

De l’autre côté du spectre politique, Sylvain Tesson dans le Figaro fait une critique en règle du « tout mondialisé » et invite à la (re)-découverte de l’intériorité via la littérature. C’est sur la même note « Nous avons devant nous des semaines peut-être des mois pour réfléchir à ce qui compte vraiment, à ce qui nous rend heureux » que s’achève le « texte d’un confiné de Venise » mis en ligne sur mon groupe WhatsApp de « Femmes qui écrivent».

Il me semble que ces textes se répondent.

D’abord tous voient en cette crise le désaveu d’une civilisation fondée sur l’échange mercantile et l’accumulation des biens. Rien ne serait donc plus comme avant quand nous serons déconfinés? A voir… à espérer si cela permet enfin de s’attaquer aux enjeux du changement climatique. Oui, on observe moins 25 % de gaz à effet de serre en Chine au cours du mois de février 2020, tandis que le trafic aérien mondial a baissé de 4,3 %. Les particules fines, responsables chaque année de près de 9 millions de morts prématurées à l’échelle de la planète, d’après l’OMS, sont en baisse également. Jean Jouzel sur France 24 dit que l’on a gagné 100 millions de tonnes de CO2 sur deux semaines. Oui, cela donne un espoir sauf si tout repart d’un coup sans réflexion sur nos modes de production.

Ensuite l’intériorité à laquelle se réfère Tesson est un instrument pour transcender la terreur mentionnée par Lemaître. Il me semble qu’avant la littérature, elle passe par l’apprivoisement du silence. Et je me pose la question : y a-t-il un moment dans ces journées confinées où j’essaie vraiment de faire silence ? Qu’est-ce qui peut m’y aider ?
La méditation permet de se centrer sur l’essentiel en soi-même mais ouvre-t-elle suffisamment à l’autre ? Pour ce faire elle doit se transformer en prière.
Pas uniquement car l‘intériorité sous-tend l’action et là, je suis rassurée quand je vois, outre les soignants, toutes les personnes qui se mobilisent pour faire leurs courses pour les voisins ou donner un coup de main.

Quant à moi, puisque la littérature favorise l’intériorité tout en parlant des autres je vous soumettrai la liste de mes lectures.

Première recommandation : Lucie Paye « Les coeurs Inquiets» Gallimard ed. On y parle amour et création, deux autres fruits de l’intériorité.

2 commentaires sur « La bourgeoise et le coronavirus »

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